Par Arnaud Bertrand – Le 20 octobre 2026 – Source Blog de l’auteur
C’est peut-être l’une des grandes ironies de notre époque : la Chine façonne de plus en plus l’avenir de l’IA, mais très peu de gens en Occident ont la moindre idée de la façon dont ses principaux penseurs la perçoivent – ses philosophes, sociologues ou éthiciens.
Comme c’est trop souvent le cas, nous supposons – tout comme la grenouille dans le puits – que notre propre débat sur l’IA couvre tous les points de vue possibles, alors qu’une grande partie provient du même terreau culturel, construit sur des préjugés sur la nature humaine dont nous ne sommes même pas conscients.
Prenons par exemple l’hypothèse selon laquelle l’intelligence est un élément clé de ce qui nous rend humains. C’est tellement intuitivement évident pour nous que nous avons littéralement nommé notre espèce d’après cette idée – Homo sapiens (latin pour « homme de savoir »).
Si vous y réfléchissez, cette hypothèse explique une grande partie l’anxiété sur le sujet : si l’intelligence est ce qui nous rend humains, alors l’intelligence artificielle – ou super intelligence – menace la chose même qui fait de nous ce que nous sommes : nous sommes sur le point de rivaliser avec un « nous » artificiel, un super « nous ». Pas étonnant que cela nous paraisse existentiel.
Mais la Chine a une tradition de pensée aussi ancienne que la nôtre, sinon plus ancienne, et tout aussi riche et sophistiquée, qui n’a jamais placé l’intelligence au cœur de ce qui nous rend humains, et considère ainsi cette machine à penser d’un point de vue complètement différent.
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